Quelques textes

Lettre à José-Maria Sert

« Mon bateau, ça a été une vieille maison de mon enfance, où des souvenirs sont embusqués dans tous les coins et vous sautent à la figure quand on passe. »


La Retraite sentimentale
(1907)

« Ma maison de Montigny reste pour moi ce qu’elle fut toujours : une relique, un terrier, une citadelle, le musée de ma jeunesse… »


Les Vrilles de la vigne
(1908)

« J’appartiens à un pays que j’ai quitté. »

Lettre de Sido à Colette, 11 décembre 1911

« Je vois chère, que la vieille maison et son jardin te hantent. Cela me plaît et aussi m’attriste.

Je vois toujours ta gracieuse petite forme s’y promener, rêvant à mille choses… Que de souvenirs surgissent ! Je te vois quand je t’évoque dans ce temps- là plus souvent dans une toilette bleu pâle qui te faisait si jolie […]. Je voudrais tant que vous gardiez la vieille maison où on est si bien, si tranquille. »


Maison de Claudine
(1922)

« La maison était grande, coiffée d’un grenier haut. La pente raide de la rue ; obligeait les écuries et les remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie, à se blottir en contre-bas tout autour d’une cour fermée.

Accoudée au mur du jardin, je pouvais gratter du doigt le toit du poulailler. Le Jardin-du-Haut commandait un Jardin-du-Bas, potager resserré et chaud, consacré à l’aubergine et au piment, où l’odeur du feuillage de la tomate se mêlait, en juillet, au parfum de l’abricot mûri sur espaliers. Dans le Jardin-du-haut, deux sapins jumeaux, un noyer dont l’ombre intolérante tuait les fleurs, des roses, des gazons négligés, une tonnelle disloquée… Une forte grille de clôture, au fond, en bordure de la rue des Vignes, eût dû défendre les deux jardins ; mais je n’ai jamais connu cette grille que tordue, arrachée au ciment de son mur, emportée et brandie en l’air par les bras d’une glycine centenaire… »


La République
, 30 décembre 1933

« Un décor enivrant et modeste se reconstruit, celui qui me vit naître : la suspension à coupole verte, la table qui datait du Second Empire, son tapis, râpé aux quatre angles, la chatte prostrée, les livres, deux visages que l’ombre m’a pris… »


Les Lettres françaises
, 1952

« J’ai toujours avec moi le portrait de ma maison natale… »

Interview parue dans Hommes et Mondes, février 1953

« Ah ! ma vieille maison, il y a longtemps que je ne l’ai revue. C’était une bonne maison simple… Figurez-vous qu’on vient seulement, ces années-ci, d’être forcé de déraciner ce qui restait du noyer, du gros noyer de mon enfance. Il faut bien se résigner. J’aurais bien voulu conserver ce décor. »